Données personnelles : ce qui va changer en 2018

Dans moins d’un an, la réforme de la protection des données personnelles s’appliquera partout en Europe. Avec quel impact sur notre quotidien ? Les réponses de Carole Ulmer, Directrice des études pour le think tank Confrontations Europe.

Les données personnelles seront bientôt mieux protégées en Europe : quelles sont les principales innovations de cette réforme ?

Adopté le 14 avril 2015, le règlement général sur la protection des données (RGPD), qui réactualise une directive européenne de 1995, sera applicable sans transposition à partir du 25 mai 2018. L’esprit du texte est clair : il s’agit de donner une vision commune de la protection des données personnelles en Europe et de renforcer le droit des individus sur leurs données.

Le règlement est l’occasion de clarifier les mesures que doivent prendre les entreprises : celles qui détiennent des données à caractère personnel sur des citoyens de l’UE doivent mettre en œuvre une nouvelle organisation et des méthodes afin d’assurer un niveau suffisant de protection, dès la conception des produits ou service et par défaut (« privacy by design and by default »). En clair, elles doivent tenir un registre décrivant les données stockées, leurs usages et la durée de leur exploitation.

Une telle organisation du traitement des données conduira les entreprises à désigner des acteurs de la bonne gouvernance des données dans leurs structures, voire de nommer un Data Privacy Officer (DPO). Elles seront tenues de reporter à leur autorité de contrôle nationale toutes les violations graves de données. En cas de non-respect de ces mesures, des amendes uniformes élevées sont prévues pouvant aller jusqu’à 4% du chiffre d’affaires.

Quel impact la réforme aura-t-elle sur le quotidien des citoyens européens ?

Elle permet aux citoyens européens de reprendre la main sur leurs données personnelles, notamment vis-à-vis des acteurs économiques de l’Internet. Il renforce leurs droits et facilite l’exercice de ceux-ci.

Le règlement impose de fournir une information claire et accessible aux utilisateurs sur le traitement de leurs données. Les utilisateurs devront donner leur accord pour le traitement de leurs données (principe de consentement) ou pouvoir s’y opposer.

Ce texte consacre également le droit à l’oubli, ainsi que le droit à la portabilité de ses données : ce principe permet à tout citoyen de récupérer les données qu’il a fourni sous un format simple, afin, le cas échéant, de pouvoir les transférer à un tiers.

En pratique, le règlement s’appliquera chaque fois qu’un résident européen sera concerné par le traitement de ses données, y compris par des entreprises qui ne sont pas européennes.

En quoi la protection encore en vigueur est-elle insuffisante ?

L’ampleur et le volume d’informations stockées en ligne a considérablement augmenté en 20 ans : il était urgent de redéfinir les règles du jeu pour tous ! Le texte de 1995 reposait sur une logique de « formalités préalables » et d’autorisations. Aujourd’hui, le règlement repose sur une logique de conformité et de responsabilité des acteurs eux-mêmes – responsabilité qui s’étend également aux sous-traitants.

La CNIL a appelé entreprises et pouvoirs publics à anticiper dès aujourd’hui cette réforme : l’application du nouveau règlement pose-t-elle des difficultés ?

Le Règlement impose des transformations profondes notamment pour les entreprises et il est urgent qu’elles mettent en œuvre les mesures nécessaires à la mise en conformité, sous peine de subir de lourdes sanctions financières, mais aussi de subir des impacts négatifs en termes d’image de marque.

Pour accompagner les acteurs économiques, les pouvoirs publics ont mis en place un ensemble d’outils. C’est notamment le cas de la CNIL qui a publié une méthodologie en 6 étapes.

Un vaste chantier ! Notamment pour les PME. Il est à noter que la Commission européenne a prêté attention à ces dernières en leur proposant des assouplissements, mais il n’en demeure pas moins qu’un certain nombre de conditions doivent être remplies. Pour les grands groupes, l’un des risques identifiés est aussi l’effet « usine à gaz » que peut produire une telle réglementation. Pragmatisme et agilité doivent dominer et il est indispensable de penser la mise en conformité à ce règlement en parallèle des dispositifs de sécurité qui sont nécessaires à un moment où les cyberattaques ne font que croître.

Où la France se situe-t-elle dans le processus de cette réforme ?

En début d’année, le Medef affirmait que seules 10 % des entreprises françaises estimaient pouvoir parvenir à respecter cette échéance. Si la CNIL a reconnu que « la marche à monter était réelle », elle n’en maintenait pas moins la pression.

Selon diverses enquêtes (cabinet Vanson Bourne pour Veritas Technologies, Gartner), il ressort qu’environ la moitié des entreprises européennes concernées pensent ne pas être prêtes en mai 2018. Certains pays, comme l’Allemagne, et certains métiers, tels que la banque ou l’assurance, avancent plus vite que d’autres.

La France semble plus en retard. Selon une enquête réalisée par Umanis, seules 31% des entreprises françaises sondées pensent être prêtes, alors que 23% estiment l’échéance impossible et 46% ne savent pas. Il reste encore du travail.

D’autres projets européens visant à renforcer la protection des données sont-ils en cours ?

Le numérique en général – et la question des données en particulier – est une priorité pour la Commission européenne. En janvier, elle a proposé une modification de la directive eprivacy. En mai, lors de la présentation de son évaluation du marché unique numérique, elle a déclaré avoir l’intention de présenter un texte sur la libre circulation des données non personnelles à l’automne.

Par Carole Ulmer, Directrice des études, Confrontations Europe
Propos recueillis par Vincent Lequeux

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European Commission proposal to restrict right to strike is « grave error »

The European Trade Union Confederation (ETUC) today condemned the European Commission’s proposal to restrict the right to strike in air traffic control. It demanded that the Commission removes all references to restricting the right to strike from its initiative on “Aviation: open and connected Europe” published on June 8.

The Commission proposal included

  •  Unions to provide early notification of strikes
  •  Staff members to provide individual notification of participation in industrial action
  •  Overflights of member states affected by strikes to be continued
  •  Avoiding strikes at peak air traffic periods

The right to strike is a fundamental right guaranteed by European and international law” said Esther Lynch ETUC Confederal Secretary. “Restricting the right to strike is undemocratic, unacceptable and completely contrary to President Juncker’s often-stated ambition to create a triple A social Europe.”

Negotiations and agreements between workers and employers are only possible if workers have the power to strike if they choose. Without that right all power is with the employer. The European Commission is making a serious error in proposing this restriction of workers’ rights.”

In a letter sent today to President Juncker, Vice-President Dombrovskis, and Commissioners Thyssen and Bulc, ETUC General Secretary Luca Visentini points out that the Commission recently refused to include the right to strike in the proposed European Pillar of Social Rights, because it does not fall under the EU competence! It also protests that trade unions were not consulted, and that some of the recommendations are contrary to national Constitutions and laws.

The letter accuses the Commission of “always coming up with detailed recommendations like this only to limit and dismantle social rights (like right to strike, collective bargaining, protection in labour market, adequacy of pensions, etc.), and never to promote and reinforce the very same rights.”

A resolution today adopted by the Executive Committee of the ETUC concludes “The Commission has to decide if it is for or against Social Europe.”

Both letter and resolution call on the proposal to restrict the right to strike in air traffic control to be withdrawn. The ETUC is working with the European Transport Workers’ Federation (ETF) and national unions to remove this threat to workers’ rights.

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FUTURE EUROPE :The last chance for social Europe? by Luca Visentini

For many years, ‘the values of the European Union’ represented a beacon of fairness and social progress, with a powerful influence on neighbouring countries and even further afield. But things started to change with the financial crisis in 2008. In some member states the eurozone’s ‘economic governance’ regulators began to impose punitive measures that by-passed democratic authorities, and the process of upward economic and social convergence stopped in the newer member states.

The results are well-known: growing anger and hostility towards the EU across Europe, giving rise to an illusory desire to ‘take back control’ at national level – culminating in the Brexit debacle.

In the European Trade Union Confederation (ETUC), we have been warning of this spreading malaise for years. People are fed up with seeing their living and working conditions in freefall, coupled with a sense that decision-makers are not listening. Back in the days of Jacques Delors, European Commission president from 1985 to 1995, if social Europe stood for one thing it was hope.

We demanded proof that the EU was doing something for workers and their families. So, when Commission President Jean-Claude Juncker announced plans for a ‘European Pillar of Social Rights’ in September 2015, we welcomed the initiative – and waited to see what it would mean.

The Commission finally announced its package of measures in April 2017.

Many of the proposals were long overdue, and in line with our long-standing demands. But overall the Social Pillar was not as ambitious and concrete as trade unions wanted.

“The Social Pillar certainly does not encompass everything trade unions want, but it must not be strangled at birth”

We must now reinforce the momentum towards genuine upward convergence, making concrete improvements for working people in Europe. Much depends on the Commission, but not everything: member states must play their role by refraining from objecting in the name of subsidiarity, and instead build together a stronger European social model.

On content, the draft legislation on paid parental, paternity and carers’ leave is very positive and much-needed, although it is regrettable that it does not yet improve protection against dismissal for mothers returning from maternity leave. The lack of willingness of some employers to negotiate should not stop the Commission from taking the legislative initiative. Trade unions would be supportive.

With more and more Europeans forced into precarious and low-quality jobs, the ETUC also supports the introduction of standards to protect self-employed and atypical workers.

In its Spring Economic Forecast, the Commission recognised that divergences between member states’ economies are still much too wide, allowing social dumping to threaten jobs and undermine wages. Too many people are making do with part-time work when they actually need a full-time job. They are getting by in the gig economy or on zero-hour contracts.

We welcome the planned revision of the Written Statement Directive obliging employers to inform workers of their contractual rights; and the proposal for Access to Social Protection for All will be crucial in securing the right to a decent standard of living for everyone in Europe.

The Social Pillar is a strong signal, but still faces formidable obstacles. Many of the proposed measures will need to be applied by national governments. And we have already seen employers’ reactions embodied in BusinessEurope’s ill-judged hostility to stronger parental rights. Employment Commissioner Marianne Thyssen herself estimated that enabling more women to join the labour market could save the EU up to €370bn a year, making an important contribution to growth.

The Social Pillar certainly does not encompass everything trade unions want, but it must not be strangled at birth, and we will fight to make it stronger and see it grow to maturity. We are ready to engage in consultation on these proposals, since social dialogue will be crucial to their success, and we invite all employers’ organisations to join us.

“The EU is much maligned, yet remains a unique and remarkable model of international cooperation”

The pillar must apply across the whole of the EU. Any move to restrict it to the eurozone or a small group of ‘the willing’ would worsen existing inequalities. Indeed, the Commission has confirmed that the formal proclamation of the pillar at the end of the year will implicate all 28 member states, since the United Kingdom will still be part of the EU.

In mid-May, as part of her general election campaign, British Prime Minister Theresa May announced that a Tory government would introduce a raft of new rights for workers. Could it be that she recognises the potential backlash if workers in post-Brexit Britain found themselves left behind and denied the benefits promised across 27 member states?

There is not a moment to lose. The election of pro-EU President Emmanuel Macron in France has given Europe some breathing space, by avoiding the risk of further defections from the Union for the time being.

But the Commission must act rapidly on its pledge to enforce existing European social legislation and rights, and indicate how it means to implement the Social Pillar and more generally the social dimension of Europe. The EU is still in danger of reaching a tipping point which would put continued support from Europeans out of reach.

In the meantime the EU is on the road to economic recovery, and growth is on the rise. Workers must also benefit, yet all the evidence shows that inequalities are growing. That is why the ETUC has launched a major campaign for investment for quality-job creation and for #ourpayrise across the EU, demanding that workers’ salaries also recover their value.

The clock is ticking. The EU is much maligned, yet remains a unique and remarkable model of international cooperation. It is well worth saving, but that can only be done if it puts social rights at its heart.

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TUC comment on General Election

Commenting on the result of the 2017 General Election, TUC General Secretary Frances O’Grady said:

“This election was about bread and butter issues – what needs to change for ordinary working people. And no wonder: if current trends continue, in five years’ time 3.5 million people will be in insecure work – and the average wage is still £1,200 less than it was in 2008.

“The next government must deliver a new deal for working people. They should implement popular policies from the campaign – like banning zero-hour contracts, pushing up the minimum wage and delivering a long overdue pay rise for nurses, midwives and all public servants.

“And it’s clear that there is no mandate for a no-deal Brexit. The government should go back to the drawing board and negotiate a Brexit deal that puts UK jobs, decent wages and workers’ rights first.”

Contacts:
Press Office  T: 020 7467 1248  E: media@tuc.org.uk

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La réforme du bio européen risque de passer à la trappe

Les ventes de produits bios sont en hausse en Europe, avec une croissance de 13 % rien qu’en 2015. Une situation qui n’est pas reflétée par les réformes législatives proposées par l’UE. Langues : English | Deutsch

Martin Haüsling est un eurodéputé allemand des Verts. Il fait partie de la commission parlementaire sur l’agriculture et le développement rural.

L’UE réglemente la production, le traitement et l’étiquetage des produits biologiques depuis 25 ans. Une réforme de cette législation est en cours de discussion depuis trois ans. Lundi (le 5 juin), un trilogue sur le sujet n’a pas abouti. Quel est le problème ?

La présidence maltaise du Conseil a annulé le trilogue la veille. Sa justification est qu’il n’y avait pas d’accord au sein du Conseil. Nous savions qu’il y avait des difficultés, mais il est étrange qu’il n’y ait même pas eu de réunion ou d’explication supplémentaire. Les groupes [politiques du Parlement européen] ont écrit ensemble une lettre demandant la réouverture des discussions.

D’où vient l’opposition la plus farouche ?

Malheureusement, il n’y a pas un point de contentieux, mais 17. Les pays nordiques veulent plus de dérogations pour la culture en serre, les pays du sud veulent une application plus rapide des normes uniformes et les pays de l’est ne veulent pas de base de données. Quand les parties ne parviennent pas à mettre leur intérêt national entre parenthèses ou à faire preuve de souplesse, c’est fatal pour la législation européenne.

Les exigences spécifiques des États auraient-elles dû être mieux prises en compte durant les trois ans de négociations ?

Le principal problème, et ça doit être clair, est que la Commission a proposé un projet de réforme que ni le Parlement ni le Conseil ont jugé acceptable. Au Parlement, nous avons collaboré avec le Conseil pour parvenir à de nouvelles règles. Dans le cadre de la réglementation sur le bio, les intérêts des pays divergent. Même si nous avons une réglementation commune, les 28 ont des habitudes d’application très différentes. Nous voulions vraiment changer la réforme, mais une fois les règles en place, les États et groupes de pression sont très réticent à l’idée de modifier les pratiques nationales via des directives européennes.

Même certains pans du secteur bio allemand sont contre l’adoption de nouvelles règles et restrictions. Leurs porte-paroles assurent que les règles européennes mèneraient à un manque de surveillance. D’où viennent ces craintes ?

Les associations allemandes se sont opposées à une nouvelle réglementation dès le début. Les justifications de cette position changent constamment. Il y a un an, c’était à cause des cocktails de pesticides. Nous avons résolu ce problème. Aujourd’hui, elles critiquent l’application des contrôles inclue dans le projet législatifs. Je pense, tout comme le Parlement, que cette solution n’est pas la meilleure, mais elle n’est pas non plus très différente de ce qui se fait actuellement. Le problème de l’impossibilité de contrôle n’est que spéculation.

Vous estimez donc que la proposition actuelle est correctement développée ?

Bien sûr, certains aspects ne sont pas satisfaisants pour le Parlement.

Donnez-nous des exemples.

En ce qui concerne les pesticides, nous aurions voulu une proposition beaucoup plus ambitieuse que le compromis qui est envisagé. Nous ne voulions pas attendre cinq ans avant le rapport, mais souhaitions envoyer un message clair pour l’engagement [écologique] du secteur conventionnel et pour la protection des exploitations bios des effets des pesticides.

Le secteur bio survit parce qu’il a les bonnes grâces des consommateurs, qui font confiance à sa qualité. L’opposition des associations bios est-elle donc contraire aux intérêts de leurs consommateurs ?

Non, je pense que vous allez trop loin. Je pense que l’ancienne législation leur convenait, que les ventes sont très bonnes et que le bio n’a pas vraiment été entaché par des scandales ces dernières années. Le secteur bio allemand n’a donc pas vraiment de raison de changer. De plus, les associations allemandes font constamment évoluer les règles.

Mais nous avons toujours un problème en termes de normes européennes uniformes. Et c’est là qu’intervient l’UE. Le problème devient clair dès que l’on touche à l’importation. En Europe, il existe 64 standards différents.  Bien sûr, l’harmonisation coûte cher et prend du temps, et il faudra peut-être instaurer davantage de contrôles. Je pense cependant que l’augmentation des importations dans l’UE rend pertinente l’instauration de règles de concurrences uniformes.

Le Parlement semble vouloir ménager des dérogations pour les importations provenant de pays tiers, via les accords de libre-échange comme le TTIP et le CETA.

En ce qui concerne le respect des normes européennes pour les importations, nous avons toujours été du même avis que les associations, surtout en ce qui concerne le TTIP et le CETA. Aujourd’hui, certaines d’entre elles estiment que ce n’est plus aussi important, mais il ne s’agit pas seulement du Canada et des États-Unis.

Une partie des céréales bios viennent de pays comme l’Ukraine ou le Kazakhstan, à la moitié du prix des produits européens. Il semble clair que dans ce cas les critères européens ne sont pas respectés. Les agriculteurs bios européens sont soumis à des règles strictes, donc si on achète à un producteur roumain, tout va bien, mais si on ajoute à cela des produits ukrainiens, qui proviennent peut-être du champ juste à côté, cela ne fonctionne plus. C’est pourquoi il faut mettre en place des règles d’importations, afin de mettre fin à cette distorsion de la concurrence.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Le commissaire Phil Hogan rencontre les ministres le 12 juin. Le Parlement estime que la fin de la présidence actuelle est la date butoir. La réforme doit donc être abandonnée ou adoptée le 12 juin.

Sinon la réforme tombe à l’eau ?

Ce serait le résultat le moins satisfaisant et nous nous retrouverions uniquement avec la législation existante, avec toutes ses faiblesses. Certaines associations militent pour une nouvelle proposition, mais cela n’arrivera pas.

Les eurodéputés veulent fermer ce dossier. Nous espérons donc un trilogue avant les vacances estivales afin de négocier les points qui posent problème, comme le système de contrôle.

Ama Lorenz

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IST DEUTSCHLAND EIN UNGLEICHES LAND?

Die reichsten zehn Prozent der Haushalte in Deutschland verfügen über beinahe 60 Prozent des gesamten Nettohaushaltsvermögens. Dieser Wert liegt deutlich über dem OECD-Durchschnitt von 50 Prozent.

Die unteren 20 Prozent in Deutschland besitzen gar kein Vermögen. Kritiker wenden ein, dass die Rentenanwartschaften, die einen wichtigen Teil des Vermögens darstellen können, in dieser Statistik außen vor bleiben. Würde man sie berücksichtigen, stünde Deutschland besser da. Doch der Einwand überzeugt nicht. Schließlich haben gerade Menschen mit wenig Vermögen und niedrigem Einkommen im internationalen Vergleich relativ geringe Anwartschaften. Zudem nutzen solche Ansprüche wenig, wenn im täglichen Leben das Geld fehlt.

Auch der sogenannte Gini-Koeffizient – ein verbreitetes Maß für Ungleichheit – belegt: In fast keinem anderen Land der Eurozone ist die Vermögensungleichheit so groß wie in Deutschland. Nur in Österreich sind die Verhältnisse ähnlich. Österreich und Deutschland kommen bei den Vermögen auf einen Gini-Koeffizienten von 0,77 und 0,76. Je näher der Gini am Wert 1 liegt, desto größer ist die Ungleichheit.

In Sachen Einkommensverteilung schneidet Deutschland im europäischen Vergleich etwas besser ab. Mit einem Gini-Koeffizienten von 0,3 liegt die Bundesrepublik ganz knapp unter dem EU-Durchschnitt. Größer ist die Ungleichheit der verfügbaren Haushaltseinkommen in den von der Eurokrise betroffenen Staaten sowie Ländern in Mittel- und Osteuropa. Die meisten west- und nordeuropäischen Länder weisen eine geringe Ungleichheit auf. In fast allen europäischen Ländern sind die Einkommen in der ersten Hälfte der 2000er-Jahre auseinandergedriftet, in Deutschland jedoch überproportional stark. Dies hängt mit der Zunahme von atypischer Beschäftigung – Teilzeit, befristeter Arbeit oder Minijobs – in diesem Zeitraum zusammen.

Fazit: Deutschland ist im Vergleich zu Ländern mit ähnlichem Wohlstandsniveau ein eher ungleiches Land.

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Livre blanc : les 5 scénarios de Bruxelles pour relancer l’Europe

Mercredi 1er mars 2017, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a présenté ses propositions pour l’avenir de l’Union à 27. Dans la perspective du Brexit et pour tenter de surmonter les blocages persistants, il a proposé 5 scénarios, allant du statu quo à un renforcement du fédéralisme en passant par une « Europe à plusieurs vitesses ».

« La tâche qui nous attend ne peut pas être nostalgique ou de court-terme. Elle doit être construite sur une vision commune et une conviction partagée qu’en travaillant ensemble chacun de nous sera mieux servi » – Livre blanc sur l’avenir de l’Union européenne

C’est devant les députés européens réunis à Bruxelles que Jean-Claude Juncker a présenté, mercredi 1er mars, une série de propositions pour sortir du marasme dans lequel l’Union européenne est aujourd’hui embourbée.

Intitulé « Réflexions et scénarios pour l’UE27 d’ici à 2025« , ce livre blanc – document de réflexion invitant à une prise de décision politique – représente la contribution de l’exécutif européen au débat sur l’avenir de l’Union. Une réflexion qui doit déboucher le 25 mars sur une déclaration commune des 27 dirigeants européens, à l’occasion des 60 ans du traité de Rome.

« On parle de possibles options, positives, réalistes, qui aboutissent toutes à l’unité et à la coopération des 27« , prévenait hier le porte-parole de la Commission européenne Margaritis Schinas. « L’idée, c’est de lancer un vaste processus de réflexion autour de ces options politiques réalistes, crédibles, sur la base desquelles on va avancer dans le futur »

5 scénarios

5 scénarios

Approuvées mardi par le collège de commissaires européens, les pistes présentées par Jean-Claude Juncker vont du statu quo au renforcement de l’intégration européenne, en passant par plusieurs modalités d’une Europe « à plusieurs vitesses » que le président de la Commission semble affectionner. « Est-ce qu’il ne faudrait pas que ceux qui veulent avancer plus rapidement puissent le faire sans gêner les autres en mettant en place un cadre plus structuré et ouvert à tous ? (…) Je plaiderai en ce sens dans les prochains jours« , avait-il ainsi déclaré le 23 février aux étudiants de l’université catholique de Louvain-la-Neuve.

Dans l’ensemble, le document appelle les dirigeants européens à « combler le fossé entre les promesses et la réalité » et clarifier ainsi le rôle de l’Union européenne. Ou bien celle-ci a les moyens d’affronter les grands défis qu’elle est censée résoudre, ou bien il faut lui demander de faire moins. Un exemple cité par Jean-Claude Juncker est le chômage des jeunes, que l’UE ne parvient pas à réduire avec ses instruments actuels. Par conséquent, les Etats doivent donner plus de pouvoir et de budget à l’UE ou lui retirer cette mission.

La première option développée dans le document, intitulée « carrying on » (« continuation« ) propose de poursuivre le calendrier de réformes prévu, sans changement significatif, dans l’esprit de la communication de la Commission de 2014 intitulée « Un nouvel élan pour l’Europe » et de la déclaration de Bratislava adoptée en 2016 par les 27 États membres.

Prenant acte du fait que les Etats sont incapables de trouver un terrain d’entente dans un nombre croissant de domaines d’action, la seconde option (« nothing but the single market » – rien que le marché unique) invite à se concentrer petit à petit sur le marché unique, et d’avancer au cas par cas et de manière bilatérale sur les dossiers plus politiques, par exemple le droit des citoyens. Lors de son discours du 1er mars, le président de la Commission a souligné à plusieurs reprises que ce n’était pas l’option qu’il souhaitait, car « l’Union européenne est plus qu’un simple marché ».

Le troisième scénario (« those who want more do more » – ceux qui veulent plus en font plus) est celui de l’Europe à plusieurs vitesses : il propose de préserver l’Union à 27 mais de permettre aux Etats qui le souhaitent d’avancer ensemble sur des projets précis. Les Etats qui ne participent pas à l’initiative dans un premier temps peuvent décider de la rejoindre par la suite. Si Jean-Claude Juncker a énuméré plusieurs domaines qui pourraient en tirer avantage (sécurité, affaires sociales, système d’asile européen, capacités communes de défense…), il a toutefois mis l’accent sur les risques d’une telle orientation, conduisant à rendre l’UE « encore plus compliquée qu’elle ne l’est aujourd’hui« . « Je comprends que cette stratégie puisse être intéressante, mais le but est d’avancer à 27 ensemble« , a-t-il ajouté.

Le quatrième scenario (« doing less more efficiently » – faire moins plus efficacement) envisage de recentrer les missions de l’UE à 27 autour de politiques spécifiques, en distinguant mieux les domaines qui doivent relever de la compétence européenne et ceux qui doivent être gérés au niveau national. L’Union européenne réduirait ainsi ses interventions dans les secteurs où son action est perçue comme n’ayant pas de valeur ajoutée.

Enfin, l’option la plus fédéraliste (« doing much more together« ) prévoit de renforcer les compétences et les ressources de l’Union européenne, par exemple en termes de protection contre le changement climatique, de développement durable et de défense. La Commission met toutefois en garde contre les risques que pourrait entraîner un tel choix, face au rejet d’une partie de la société estimant que l’Union européenne a trop de pouvoir et manque de légitimité face à la souveraineté nationale.

Un choix qui appartient aux Etats

Un choix qui appartient aux Etats

Le président développe ainsi 5 orientations possibles, sans toutefois afficher officiellement sa préférence pour l’une ou l’autre et en précisant qu’elles ne sont « ni exclusives ni exhaustives« . Une position critiquée par le président du groupe des socialistes et démocrates au Parlement européen, Gianni Pitella, qui a invité « Jean-Claude Juncker à faire face aux divisions et à l’immobilisme des gouvernements en présentant un choix politique fort pour l’avenir de l’Europe« .

Ce dernier justifie toutefois son silence par la nécessité de laisser désormais place au débat entre institutions et gouvernements nationaux. « Nous préférons écouter avant de dire« , a ainsi déclaré le président de la Commission européenne, qui prévoit de clarifier sa position lors de son traditionnel discours sur l’état de l’Union en septembre.

Par ailleurs, le document présente cinq piliers sur lesquels la Commission européenne souhaite avancer, éventuellement avec un nombre réduit d’Etats : l’Europe sociale, la défense et la sécurité, l’approfondissement de l’Union économique et monétaire, la mondialisation et les finances européennes. Dans les prochains mois, chacun de ces thèmes fera l’objet d’une proposition spécifique, Jean-Claude Juncker souhaitant que les décisions importantes soient prises lors du Sommet européen de décembre 2017.

 

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Pour les syndicats, c’est la meilleure occasion de changements progressifs en 10 ans

Lors de la conférence à mi-mandat de la Confédération européenne des syndicats (CES) qui se termine aujourd’hui à Rome, plus de 400 dirigeants syndicaux venus de toute l’Europe se sont accordés pour dire que « pour les syndicats, c’est plus que jamais le moment de redoubler d’efforts pour gérer la mondialisation, la numérisation et les actions pour le climat et faire en sorte que les travailleurs ne soient pas abandonnés. »

Les syndicalistes estiment que « le ralentissement de la montée en puissance des forces antieuropéennes et xénophobes constaté lors de plusieurs élections récentes et l’émergence d’un débat politique sur des politiques plus favorables aux travailleurs ouvrent des perspectives encourageantes dix ans après la crise financière de 2007-2008. »

Dans une déclaration adoptée durant la conférence, les syndicats ont convenu d’agir ensemble pour :

  • Des investissements en faveur d’une croissance durable et la création d’emplois de qualité ;
  • Une transition juste vers une économie sobre en carbone, une numérisation et une automatisation dans une optique de développement durable ;
  • Des augmentations salariales et une convergence à la hausse des salaires ;
  • Un socle européen des droits sociaux solide et une législation ambitieuse en matière d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée ;
  • Une mobilité et une migration justes pour lutter contre le dumping social et salarial.

Le Secrétaire général de la CES Luca Visentini a déclaré : « C’est la meilleure occasion qui se présente à nous depuis 10 ans pour réaliser des changements progressifs en faveur des travailleurs. Nous devons saisir cette chance. « 

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Un sursaut mondial condamne la sortie des États-Unis de l’accord de Paris

La planète a largement condamné la décision du président américain de sortir de l’accord de Paris. Macron promet des initiatives rapides sur le climat. Le président français a répondu jeudi soir au président américain, après que ce dernier ait annoncé sa décision de sortir de l’accord de Paris sur le climat.

Dans une déclaration en français puis en anglais faite en vidéo tard dans la soirée, Emmanuel Macron a affirmé que renégocier l’accord de Paris n’était pas négociable, et a condamné la décision américaine. Il a aussi annoncé des initiatives qui seraient prises dans les prochains jours pour répondre aux États-Unis.

« Nous partageons tous la même responsabilité » pour la planète, a-t-il dit. Il a aussi lancé un nouveau slogan en réponse au « Make America Great Again » de Trump :

 

 

 

 

 

La décision des États-Unis de sortir de l’Accord de Paris a provoqué une série de réactions consternées ou porteuses d’espoir.

La coalition pour une grande ambition, formée durant la COP21, s’est ranimée pour déclarer sa déception, et affirmer sa détermination à continuer d’avancer dans la lutte contre le changement climatique.

Refus net de nouvelles négociations

L’UNFCCC, le bras armé de l’ONU sur le climat, a aussi publié un communiqué, assurant que « l’accord de Paris reste un traité historique signé par 194 parties et ratifié par 147. Il ne peut donc pas être renégocié à la demande d’une seule partie ».

La sortie des États-Unis de l’accord a aussi été dénoncée par des nombreuses villes, collectivités locales et organisations aux États-Unis, qui ne cachaient pas leur honte jeudi. Le président américain s’est en effet étendu sur les « toutes petites hausses de température » en soulignant que la lutte contre le changement climatique risquait de coûter très cher aux États-Unis en termes d’emploi et de croissance. Une assertion qu’aucun économiste sérieux ne soutient.

Les spécialistes soulignent néanmoins que la sortie des États-Unis de l’accord de Paris sera moins pénalisante pour l’accord que s’ils étaient restés. Et si Trump souhaite négocier autre chose, le refus de toutes les parties de rediscuter l’accord l’en empêche. Les États-Unis risquent de se trouver quelque peu isolés à toute table de négociation : seuls la Syrie et le Nicaragua ne font pas partie de l’accord de Paris.

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[Revue de presse] Présidentielle : au cœur de la campagne, l’Union européenne attend les résultats

A trois jours du premier tour de l’élection présidentielle en France, l’Europe n’a jamais été aussi présente dans les débats. Alors que la majorité des candidats présentent des positions eurosceptiques, deux sur les quatre en tête (selon les derniers sondages) envisagent une sortie de l’Union européenne. Cette perspective effraie les institutions européennes, cloîtrées dans un silence anxieux dans l’attente des résultats.

L’Union européenne retient son souffle

Contrastant avec l’agitation et l’effervescence ambiante en France à l’heure de l’élection présidentielle, le calme plat règne dans les couloirs des institutions européennes. « Pas de nouvelle proposition législative d’envergure et un silence assourdissant au sujet de l’élection elle-même », soulignent Les Echos. « L’inquiétude et la passion semblent se disputer le calme des couloirs feutrés de la Commission et du Parlement européens », ajoute FranceInfo.

L’appréhension découle en premier lieu du nombre de candidats incriminant l’Europe ou prônant une sortie de l’Union. Elle est d’autant plus prégnante que « deux des quatre candidats donnés en tête par les sondages, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, brandissent dans leurs programmes une possible sortie de l’Union européenne », rappellent Les Echos. L’élection d’un eurosceptique en France pourrait être « le coup de grâce (…) compte tenu du rôle longtemps moteur qu’a eu la France dans la conception même du projet européen », poursuit le journal. « On peut faire l’Union européenne sans la Grande-Bretagne, mais on ne peut pas faire l’Union européenne sans la France », s’inquiète ainsi l’eurodéputé social-démocrate allemand Jo Leinen, cité par FranceInfo.

Très critique envers l’Union européenne, le candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, n’engendre cependant pas les mêmes craintes que Marine Le Pen. « A partir du moment où le type est démocrate et pas complètement anti-européen, on fera avec »,résume une source au Conseil de l’UE, qui préfèrerait néanmoins éviter un second tour Le Pen-Mélenchon et voir un candidat pro-européen l’emporter, tel qu’Emmanuel Macron [L’Express].

La Commission européenne s’alarme surtout « de la facilité avec laquelle ces candidats peuvent exprimer des idées simplistes ou même fausses au sujet de l’Europe. (…) Elle trépigne et assiste, impuissante, au déferlement de ‘fake news’ à la française ». Mais toute déclaration pourrait être retenue contre elle et se retourner contre les candidats pro-européens, notent Les Echos. L’exécutif européen s’autorise seulement, grâce à « un site internet », Les Décodeurs de l’Europe, à « ‘établir’ sa vérité, quand ‘il y a des mythes’ ou ‘des mensonges' », explique M. Schinas, porte-parole de le Commission [L’Express].

Seuls quelques candidats, dont Emmanuel Macron, Benoît Hamon et François Fillon, se sont rendus à Bruxelles et ont rencontré le président de la Commission européenne. Les autres n’ont pas pris cette peine et n’auraient de toute façon pas été reçus par Jean-Claude Juncker. « La candidate du Front national, parfois donnée en tête des intentions de vote au premier tour, est [toutefois parvenue]à faire sortir la Commission de sa réserve », rapporte L’Express. M. Juncker a ainsi promis de « porter des vêtements de deuil » si elle l’emportait, et le commissaire français Pierre Moscovici a déclaré que « voter Le Pen, c’est quitter l’euro, (…) une folie mortifère », précise le journal.

La question européenne au cœur de la campagne

Symptomatique de la crispation autour de l’UE que génère cette campagne présidentielle, la candidate du Front national a exigé le retrait du drapeau européen du plateau de TF1 alors qu’elle était invitée à l’émission « Demain, Président » [Euractiv]. « De tous les clivages, l’Europe est celui qui démarque le plus les projets et, parce qu’elle est l’exutoire facile des humiliations et des frustrations, porte en germe le plus de conséquences », analyseOuest France. Ces clivages ne sont pas nouveaux, mais « la victoire des partisans du Brexit au Royaume-Uni et celle de Trump aux Etats-Unis a contribué à libérer la parole des candidats sur l’Union européenne » [Le Monde].

Selon Ouest France, l’Europe se retrouve au centre de la campagne pour trois raisons : « elle est en crise et, à ce titre, elle est l’objet naturel de confrontations. L’international et la diplomatie relèvent des prérogatives d’un président. Enfin, il n’y a pas de politique nationale qui puisse ignorer presque soixante-dix ans d’engagements, de traités, de coopérations. »

De son côté, Guillaume Klossa, président du think tank Europanova, tente de comprendre dans Le JDD le paradoxe entre, d’une part, les derniers sondages qui montrent l’attachement des Français à l’Union européenne et à l’euro, et de l’autre le climat eurosceptique qui règne pendant cette campagne. Une contradiction qui, selon lui, viendrait du manque de débats sur l’Europe lors des précédentes élections, du fait que « beaucoup de professionnels des médias ne sont pas à l’aise avec la dimension européenne », et enfin de « la tentation antisystème de nos concitoyens. Parce qu’ils souhaitent renouveler en profondeur un système partisan essoufflé, ils privilégient des candidats en marge des grands partis traditionnels ».

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L’Europe vu par Jean-Marc Ayrault

A l’occasion des 60 ans du traité de Rome, le ministre des Affaires étrangères et du Développement international, Jean-Marc Ayrault, revient sur les acquis de la construction européenne et définit les priorités de l’Union européenne dans un contexte international bouleversé.
C’est dans son bureau du Quai d’Orsay, que le chef de la diplomatie française a reçu la rédaction de Toute l’Europe, accordant un long entretien au cours duquel il est apparu détendu, mais déterminé face aux principaux défis que la France et l’Union européenne doivent relever. Brexit, avenir de l’Union européenne, relations transatlantiques, commerce extérieur, gouvernance économique, l’ancien Premier ministre passe en revue la diplomatie française et internationale, rappelant que l’Europe doit « être unie et forte pour peser ».


Touteleurope.eu : Le 25 mars, l’Europe fête ses 60 ans en célébrant l’anniversaire du traité de Rome. Quels sont, selon vous, les principaux acquis de la construction européenne ?

Jean-Marc Ayrault : Il faut d’abord se souvenir dans quelles circonstances, ce projet est né. Il est né d’une volonté de répondre  à une question essentielle : quelle initiative peut-on prendre, cinq ans après la seconde guerre mondiale, pour ne pas revivre un tel drame ?

On était dans un contexte de guerre froide et pour la France, tendre la main à l’Allemagne était un geste courageux, qui donnait du sens à un projet : vivre en Paix. Aujourd’hui, cela paraît comme une évidence de vivre sur un continent en paix, mais à l’époque il a fallu des gens suffisamment lucides pour se dire qu’on ne devait plus utiliser les moyens de la guerre pour régler les différends. Cela passait – et cela passe toujours, il est étonnant de devoir le rappeler, par le respect des frontières. Donc d’abord la paix, voilà le premier acquis.


Quels sont les autres ?

La démocratie, les libertés. C’est pour cela que des peuples qui vivaient sous la dictature regardaient vers l’Europe : l’Espagne, le Portugal, la Grèce… De même, au moment de la chute du mur de Berlin et de la dissolution de l’Union Soviétique, les pays de l’Est de l’Europe ont voulu rejoindre l’Union européenne. En fait, si les Européens sont attachés à ce beau projet, c’est bien parce qu’il y a quelque chose de fort qui les unit.

Enfin, l’Europe est aussi devenue un espace de prospérité même si le chômage y est encore trop élevé. S’il n’y avait pas eu l’UE, l’euro, la BCE, aurait-on pu faire face à la crise des subprimes ? L’Europe, c’est aussi une économie de la connaissance, tournée vers la recherche et l’innovation. L’Europe a ainsi pu être à l’origine d’aventures industrielles comme Airbus, d’innovations comme Galileo. C’est également un projet politique qui s’accompagne de normes sociales et environnementales parmi les plus élevées au monde.

Pour autant, malgré ces avancées, les citoyens sont de plus en plus sceptiques sur les bienfaits de l’Europe. 

Il est important de rappeler ces acquis, important de redire que l’Europe ce sont des valeurs et des principes communs.  Mais cela ne veut pas dire qu’un doute ne s’est pas installé dans l’esprit des Européens. L’Europe est aujourd’hui menacée de l’intérieur, par les populistes qui exploitent les peurs,  les insatisfactions et les difficultés sociales, comme le chômage. Certains pays souffrent plus particulièrement. Une partie de la jeunesse se sent abandonnée. Les institutions européennes pâtissent d’un fonctionnement beaucoup trop lourd et bureaucratique. Les Etats membres n’assument pas suffisamment leur engagement européen. Il est évidemment plus difficile de gouverner à 28 qu’à 6 ou à 12. Sur ce point, sans modifier les traités, il faut donc inventer quelque chose de nouveau. Il faut parler du fait que, dans les crises, l’UE a démontré son aptitude à agir vite. En matière de sécurité par exemple, en 6 mois, nous avons été capables de mettre en place ce PNR (Passenger Name Record), qui était bloqué depuis des années. Nous avons aussi créé un corps de gardes-côtes et de  gardes-frontières européens.

Les évolutions du monde sont un autre défi pour l’UE. L’élection de Donald Trump la met face à une possible rupture avec l’appréciation que Barack Obama portait sur l’Europe, dans un discours à Hanovre « Vous avez construit quelque chose d’extraordinaire soyez en fiers et les meilleurs défenseurs ». De même, la Russie n’est manifestement pas favorable à une Europe forte.

 

Dans ce contexte, se présente le Sommet de Rome (25 mars). Quelle portée aura la déclaration des chefs d’Etat, sera-t-elle symbolique ? Ou s’agira-t-il d’une prise de position pour action ?

Il faut non seulement fixer des priorités d’action, mais aussi afficher une vision. La vision c’est d’affirmer que, dans notre monde globalisé, l’Europe doit être unie et forte pour peser. Il suffit de regarder du côté de l’Inde, de la Chine, de l’Australie : ces pays ne cherchent pas à s’isoler. Ils veulent continuer à développer leurs échanges, notamment économiques, et ils reconnaissent que certaines questions doivent être traitées à l’échelle mondiale. Pour « civiliser » la mondialisation, aucune nation aussi prestigieuse et aussi influente soit-elle, comme la France, ne pourra le faire seule. L’Union européenne en a elle la capacité. C’est le message qu’il faut faire passer à nos concitoyens. La France et l’Allemagne doivent prendre leurs responsabilités : plus que jamais la volonté et l’action du  couple franco-allemand seront déterminantes.

La Commission européenne a produit un Livre Blanc avec cinq scénarios de relance de l’Europe. Est-ce que Français et Allemands ont une vision commune du scénario à privilégier ?

La France est pour garder le cap de la construction d’une Europe plus unie : renforcer la zone euro, assurer la sécurité des Européens, donner à notre union les moyens de son autonomie stratégique, investir dans la transition énergétique et la révolution numérique. Mais aussi accepter l’idée qu’il peut y avoir une Europe différenciée pour aller plus loin, chacun à son rythme. L’Europe différenciée, c’est permettre à ceux qui veulent aller plus vite ensemble de le faire, sans fermer la porte à ceux qui répondent plus tard. Ça existe déjà aujourd’hui ! Avec l’euro et Schengen.

On peut ainsi imaginer des coopérations renforcées pour mettre en place un parquet européen pour poursuivre les atteintes aux intérêts financiers de l’UE, favoriser la convergence sociale et fiscale au sein de l’Union européenne.

Nous avons travaillé dans cette voie avec Franck-Walter Steinmeier lorsqu’il était ministre allemand des Affaires étrangères (président fédéral d’Allemagne depuis le 19 mars 2017) et produit des propositions communes sur l’avenir de l’Europe, dans le contexte du Brexit. Avant même le vote des Britanniques, nous avions anticipé la nécessité de parvenir à une relance de l’Europe.

Cela ne risque-t-il pas de créer deux groupes et casser l’unité que vous souhaitez préserver ?

Non, si nous expliquons bien ce que nous souhaitons faire, sans condescendance, sans créer une sorte de hiérarchie. Au lendemain du vote pour le Brexit (juin 2016), j’ai eu des contacts avec tous mes homologues européens. J’ai souvent trouvé beaucoup de convergences avec les positions françaises. Travailler à conserver l’unité, c’est aussi ça, se rencontrer en dehors des réunions à Bruxelles et entretenir des liens qui nous unissent en lançant des projets communs.

Vous évoquez le Brexit. Comment faire pour que la sortie du Royaume Uni soit une réaffirmation du principe européen et non un coup d’arrêt ?

Le Brexit a levé un tabou : celui de l’irréversibilité de l’appartenance à l’UE. Les partis populistes continuent leur croisade, mais je note qu’aux Pays-Bas (élections législatives le 15 mars 2017), c’est le Parti libéral de Mark Rutte qui l’a emporté. C’est un signal positif. En réponse au départ du Royaume-Uni, il faut une Europe forte, qui définisse des priorités claires et qui les mette en œuvre. Il y a eu le sommet informel de Bratislava (septembre 2016). Des objectifs ont été fixés. Passons à l’action ! Protéger les frontières, gérer les enjeux régaliens et de sécurité en partenariat avec l’Afrique, organiser une défense européenne, mais aussi rehausser le niveau d’investissement au sein de l’UE, afin de renforcer la place de notre continent dans le monde.

Ne faut-il pas aussi redonner un sens à l’Europe sociale ?

Il faut montrer que l’Europe s’investit pleinement dans cette dimension essentielle du modèle européen. Nos concitoyens n’acceptent plus que la libre circulation s’accompagne d’un nivellement par le bas ou d’un moins disant social. C’est tout l’enjeu de la réforme en cours de la directive sur le détachement des travailleurs et de la définition d’un socle européen des droits sociaux.

Nous devons aussi nous occuper de la jeunesse. La garantie jeunesse n’est pas suffisante. Et Il faut consulter, impliquer la société civile… Pour tout cela, personnellement, je ne suis pas tenté par un saut institutionnel, comme certains le demandent. Je crois qu’il faut faire mieux fonctionner les institutions actuelles au service des réponses aux aspirations de nos peuples.

Il y a une certaine urgence, on sent bien que l’Europe doit se positionner maintenant dans la carte mondiale, qui se redessine depuis l’élection de Donald Trump qui clame « America First ». Quelle place pour l’Europe entre USA et Chine ?

Les Chinois veulent une Union européenne forte, car ils souhaitent un monde stable. C’est ce que m’a confié récemment mon collègue Wang Yi (ministre des Affaires étrangères chinois). Ce qui est central, dans la période qui s’ouvre, c’est de savoir si les Américains vont faire le choix du protectionnisme ou, au contraire, apporter leur concours à l’entreprise de régulation de la mondialisation. S’ils vont confirmer ou pas leur engagement en faveur de l’accord de Paris. S’ils vont jouer la carte du multilatéralisme ou faire le choix de l’isolationnisme.

On entre dans une phase d’incertitudes très importante qui doit encourager l’Europe à jouer tout son rôle. L’UE doit notamment, dans le domaine du commerce mondial, occuper sa place de puissance régulatrice, utilisant tous ses leviers en faveur d’un juste échange, fondé sur la réciprocité des règles et le respect des préférences collectives.

Le 6 mars dernier, à l’issue du conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE, vous avez déclaré que l’Union européenne entrait dans du concret sur le projet de défense européenne. Où en est-ce projet ?

Depuis des mois, nous avons travaillé à la concrétisation de l’Europe de la défense et le Conseil européen a approuvé plusieurs décisions. Face aux nouveaux risques et aux nouvelles menaces qui s’affirment, il est essentiel que l’Europe prenne ses responsabilités et se donne les moyens de son autonomie stratégique, en complémentarité avec l’OTAN. Le financement de la défense européenne et de l’effort de recherche mérite une attention particulière. Il faut maintenant passer à l’acte.

Bousculée par la crise des réfugiés, l’Union européenne envisage-t-elle de plus en plus de repenser à l’avenir de son action extérieure en direction des pays africains ?

Oui. J’ai assisté, les derniers mois, à une véritable prise de conscience, notamment de la part de l’Allemagne. Les relations avec l’Afrique doivent devenir pour l’Union européenne une priorité renforcée, non seulement en raison de l’afflux de réfugiés et de migrants, mais aussi parce que le continent africain, qui est en croissance, doit pouvoir saisir toutes les opportunités, en particulier pour sa jeunesse. C’est donc le moment pour l’Europe d’investir fortement dans son partenariat avec l’Afrique d’autant plus que les Etats-Unis affichent l’intention de se désengager.

Aujourd’hui, la France est le cinquième contributeur à l’aide publique au développement et l’Union européenne en fournit environ 55%. Peu d’Européens en ont conscience. Lors du G20 qui s’est déroulé à Bonn, les 16 et 17 février derniers, la coopération avec l’Afrique figurait à l’ordre du jour. Je me réjouis des débats qui ont eu lieu à cette occasion et qui ont confirmé la nécessité d’agir en faveur du développement et de la sécurité de ce continent d’avenir.


Les relations entre l’UE et la Turquie sont actuellement particulièrement sensibles. Le président de la Commission européenne vient d’annoncer que la réintroduction de la peine de mort en Turquie mettrait fin aux discussions sur l’adhésion à l’Union européenne. La France soutient-elle Jean-Claude Juncker sur ce point ?

Les critères de Copenhague, qui engagent les candidats à l’adhésion, sont très clairs. La Turquie sait bien que la réintroduction de la peine de mort ne serait pas conforme à ces critères. De plus, la Turquie est aussi membre de l’OTAN et du Conseil de l’Europe, ce qui emporte le respect d’un certain nombre de valeurs.

La Turquie est un grand pays confronté à un certain nombre de défis, comme l’arrivée massive de réfugiés syriens. La meilleure façon d’y faire face est de respecter l’état de droit et les libertés fondamentales. Pas l’inverse. Le référendum constitutionnel qui sera organisé le 16 avril prochain fait l’objet d’une campagne très vive et très intense en Turquie, comme en direction des communautés turques résidant dans plusieurs pays Européens. Elle a donné lieu à des tensions et des provocations qui, à l’égard de partenaires européens, n’ont pas lieu d’être. C’est la raison pour laquelle depuis plusieurs semaines j’appelle à l’apaisement.

 

L’accord avec la Turquie, au regard de la dérive d’Erdogan, était-il une bonne idée ?

Cet accord a fait l’objet de certaines critiques, mais, globalement il fonctionne. La situation n’en n’est pas moins difficile pour les personnes qui fuient les zones de conflit et avec lesquelles nous devons être solidaires. L’Union européenne tente d’apporter des solutions concrètes. En octobre dernier, elle a ainsi créée l’Agence européenne de gardes-côtes et gardes-frontières, qui développe et complète les missions et moyens de l’agence Frontex, opérationnelle depuis 2005.

L’euro fête cette année son quinzième anniversaire. Quelles améliorations apporter ? Faut-il un gouvernement de la zone euro ?

Une meilleure gouvernance de la zone euro est importante, pour apporter plus de lisibilité. Elle doit s’accompagner d’un renforcement de sa cohérence et de stabilité comme d’une convergence accrue entre ses Etats membres, parce que l’idée de base est d’avoir une politique économique plus intégrée. Je propose de commencer en franco-allemand.

Le contexte économique général est meilleur qu’en 2008 mais l’UE doit faire face à des inconnues, notamment sur le plan du commerce international…

Nous devons convaincre les Américains qu’une Union européenne plus forte est dans leur intérêt. Plus les Etats membres de l’Union européenne s’affirmeront collectivement, plus nous pourrons réussir.

Actuellement dans le débat politique franco-français, il y a un effet de « mode » qui consiste à s’opposer aux traités de libre échange, mais il faut rappeler que, sans ces accords, c’est la loi du plus fort qui prévaut. Les échanges mondiaux existent. Ils ne vont pas s’arrêter. Si nous n’avons pas de cadre, c’est l’anarchie. Par contre, ces accords doivent être mieux négociés. De ce point de vue, le TTIP était mal parti et ne pouvait aboutir en l’état. A l’inverse, la négociation entre l’UE et le Canada sur le CETA peut servir d’exemple, avec la mise en place de mécanismes transparents de règlement des différends et une réelle réciprocité. Il en découlera des bénéfices pour tous les Européens.

Le 15 mars dernier, l’extrême-droite n’a pas réalisé de percée notable aux Pays-Bas. Quelle leçon doit-on tirer de ce résultat ?

Il faut relever que les Néerlandais se sont fortement mobilisés. Tout au long de la campagne, il y a eu beaucoup de débats qui ont porté sur l’immigration et sur l’islam, mais pas seulement. Les questions sociales ont aussi beaucoup compté.

Dans un système électoral à la proportionnelle, une coalition va désormais devoir être formée. Mais comme je le disais, dans le contexte de la croisade des partis populistes en Europe, la victoire du Parti libéral de Mark Rutte est un signe encourageant.

Martin Schulz vient d’être élu à l’unanimité à la tête du Parti social-démocrate allemand. Il devient le principal adversaire d’Angela Merkel et pourrait devenir le prochain chancelier. Quelles sont ses chances de victoire ?

Le retour du SPD dans la course est très sain pour la démocratie allemande et il semblerait en parallèle que l’AFD soit actuellement en difficulté. Le discours de Martin Schulz lors de son élection à la tête de son parti a été très convaincant.

Un mot sur la France à quelques semaines des élections présidentielles ?

Jusqu’à présent le débat politique a été peu glorieux, ce qui a souvent pour effet d’entrainer l’abstention, qui elle-même favorise les extrêmes et donc la montée du Front national. Mais la campagne ne fait que commencer. Il ne faut pas désespérer. Globalement les candidats devraient parler davantage d’Europe et de la situation internationale. Nous avons une base formidable, l’Union européenne, qui est imparfaite, mais qui existe. Aujourd’hui nous devons redonner un sens à l’idéal européen,  mieux protéger nos peuples et leur donner des perspectives d’avenir autour de projets concrets.

Quels leviers l’Europe peut-elle actionner pour mieux protéger son territoire dans la lutte contre le terrorisme ?

L’attentat à Westminster, mercredi dernier, nous rappelle cruellement la menace qui pèse sur l’Europe. Cette menace terroriste, par son ampleur, est nouvelle et prend des formes inédites. Tous les Etats membres doivent y faire face. C’est un sujet complexe, car il touche à des questions qui appartiennent, pour l’essentiel, aux compétences des Etats. Mais, l’Europe peut apporter des moyens et des outils en faveur de la sécurité des Européens. C’est en ce sens que nos efforts ont porté au cours des derniers mois : meilleur contrôle des armes à feu, renforcement de la lutte contre le financement du terrorisme, accroissement de la surveillance de nos frontières extérieures, et je pense bien sûr toujours aux  gardes-côtes et gardes-frontières européens, dotés de moyens humains et matériels d’intervention rapides. En matière de sécurité également, une action collective est indispensable. Et l’Europe peut nous permettre d’être plus forts ensemble.

 Entretien réalisé par Alexandra Lesur et Christophe Préault

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Qautremer sur le Brexit  » Les opinions publiques se sont réveillées »

A l’occasion des 60 ans de l’Union européenne, nous avons rencontré Jean Quatremer sur le parvis du Capitole à Rome. Le correspondant de Libération à Bruxelles est un observateur avisé. Nous lui avons demandé ce que le referendum sur le Brexit a changé en Europe.

Jean Quatremer: “Le Brexit a eu exactement l’effet inverse de celui qui était attendu. Il n’y a pas eu d’effet domino! Non seulement personne n’a annoncé qu’il ferait de referendum, donc il n’y a pas eu de “Polxit”, de “Nexit”, etc… En fait, les pays les plus eurosceptiques ont dit : “non, non, nous on veut rester, ouhlàlà on ne va pas faire comme les Britanniques”.
En plus les opinions publiques semblent s‘être réveillées, c’est à dire celles qui étaient un peu anesthésiées par la nouvelle pensée unique, eurosceptique et d’europhobe. Les gens se sont réveillés car ils ne sont pas stupides, ils se rendent bien compte que cela fait plus de 70 ans qu’on n’a pas eu de guerre en Europe. Au fond, même s’il y a des inégalités, même s’il y a du chômage dans certains pays, c’est infiniment moins pire que dans le reste du monde. On est une zone qui attire le reste du monde, il n’y a pas beaucoup d’européens réfugiés en Afrique, au Moyen-Orient, ou même aux Etats-Unis, donc au fond les citoyens sont beaucoup plus attachés à la construction communautaire qu’on ne l’imaginait.”

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Neue Europa-Bewegung nimmt Fahrt auf : #pulseofeurope

Tausende Europäer gingen am 12. März in mehr als 40 Städten auf die Straße, um gegen Populismus zu demonstrieren und für die europäischen Werte einzustehen. EURACTIV Brüssel berichtet. Der Bewegung zufolge sind die Unterstützer davon überzeugt, dass die Mehrheit der Bevölkerung an die Grundidee der Europäischen Union und ihr Reformpotenzial glaube. Sie wollten die Gemeinschaft nicht nationalistischen Tendenzen überlassen.

Europabefürworter „müssten lauter und sichtbarer“ werden, um gegen die vorherrschenden „negativen und zerstörerischen Stimmen“ anzukommen, betonen sie.

„Wir alle müssen mit positiver Energie gegen die aktuellen Tendenzen angehen. Der europäische Puls muss überall spürbar sein“, so die Initiatoren. Sie hoffen auf wachsenden Zulauf, während von nun an jeden Sonntag Demonstrationen stattfinden.

Von:  Georgi Gotev

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Anti-populist, pro-EU protests held across Europe : Pulse of Europe

Thousands of Europeans took to the streets of more than 40 cities in Germany, the Netherlands, Belgium and the UK yesterday (12 March) to protest against populism and highlight European values before elections in the Netherlands and France. The protests were organised by Pulse of Europe movement, which was founded by Frankfurt lawyer Daniel Röder and his wife Sabine, which describes itself as a non-partisan citizens’ initiative.

In Germany, 35 cities participated, along with five in France, as well as Amsterdam, Brussels, and Bath in the UK.

The movement says its supporters are convinced that the majority of people believe in the fundamental idea of the European Union and its potential for reform and that they don’t want to sacrifice it to nationalist tendencies.

To counter the “negative and destructive voices” which prevail in the speech, they say that pro-Europeans should become “louder and more visible”.

“We all must now send out positive energy against current tendencies. The European pulse must be felt everywhere,” the movement claims.

The movement ambitions to become stronger, as demonstrations will be held every Sunday.

By  Georgi Gotev

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Un nouveau mouvement pro-Européen prend de l’ampleur : Pulse Of Europe – #pulseofeurope

Lyon, Strasbourg, Montpellier ont embrayé ce week-end après Paris. Des milliers d’Européens se rassemblent tous les dimanche pour promouvoir les valeurs européennes, contre le populisme. Depuis quelques mois, le mouvement Pulse Of Europe appelle les citoyens à se réunir tous les dimanches pour manifester leur attachement aux valeurs européennes. Ses fondateurs, les Allemands Daniel et Sabine Röder, décrivent le mouvement comme une initiative citoyenne non-partisane.

Le mouvement est déjà bien établi en Allemagne, d’où il est originaire et où des manifestations ont lieu dans 35 villes désormais. Il s’est étendu à Bruxelles, Bath (Royaume-Uni), Amsterdam, Paris et, pour la première fois le 12 mars, Lyon, Montpellier et Strasbourg.

En France et aux Pays-Bas, les manifestations ont lieu dans le contexte de campagnes électorales qui se sont penchées sur l’UE et son avenir.

Les adhérents au mouvement estiment que la plupart des Européens croient en l’idée fondamentale de l’Union européenne, et en sa capacité de se réformer, et ne veulent pas sacrifier cet idéal aux tendances nationalistes. Le mouvement clame donc s’opposer aux populistes qui prônent « le repli sur soi, jouant sur l’ignorance et la peur ».

Les participants veulent donc « contribuer à préserver une Europe unie et démocratique,  dans laquelle la liberté, l’Etat de droit, la dignité humaine et les droits fondamentaux sont respectés, pour le bien de tous et la paix sur notre continent ».

Par :  Georgi Gotev

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