[Revue de presse] Contre la corruption à Bucarest, les manifestants forment un drapeau européen géant

« Résistez » « Ils ne lâchent rien » commente Europe 1. Depuis début février et la tentative du gouvernement roumain de faire approuver un décret d’urgence prévoyant la dépénalisation de plusieurs infractions en matière de corruption, « les Roumains sont dans la rue » [Ouest France]. Malgré un « rétropédalage » du gouvernement de Sorin Grindeanu et l’organisation d’un remaniement ministériel mercredi dernier pour  » tirer un trait sur cette affaire« , les manifestations se poursuivent. 

Entre 3 000 et 5 000 personnes se sont à nouveau rassemblées dimanche pour une 27e journée de mobilisation, devant le siège du gouvernement, afin de demander la démission d’une équipe en laquelle « ils n’ont plus confiance« , explique RFI. Plusieurs centaines de personnes se sont également mobilisées, « dans les villes de Brasov et Sibiu en Transylvanie, et de Timisoara dans l’Ouest » du pays, complète le média allemand Deutsche Welle.

Malgré une mobilisation moindre sur la place de la victoire à Bucarest ce dimanche, le message n’en était pas moins « inédit« . En effet, « les manifestants ont choisi de faire rimer lutte contre la corruption avec appartenance à la famille européenne », en formant au cœur de la capitale un drapeau aux couleurs de l’UE, relate RFI. « On dirait que les gens à la tête du gouvernement actuel essayent de tout faire pour nous faire sortir de l’Europe et cela me fait peur. Ne croyez pas que cela me fait plaisir de sortir le dimanche soir, je préférerais rester chez moi…« , confie un manifestant à la chaîne de radio.

Un pays « gangréné par les pots de vin »

Faire « des valeurs européennes un rempart contre une classe politique corrompue« , est ce qui ressortait de cette mobilisation. « Dans le domaine de la lutte contre la corruption, c’est peu dire que l’exemple vient d’où on ne l’attend pas » note France inter. En effet, le pays est « gangrené dans certains domaines, par une vieille tradition locale des pots de vin », affirme la chaîne de radio. Selon l’ONG Transparency International, la Roumanie fait en effet partie des Etats les plus corrompus d’Europe [Ouest France].

Pour lutter contre ces pratiques, la Direction nationale anticorruption roumaine, dirigée par Laura Codruta Kövesi, une femme « adulée des Roumains« (…), « n’hésite pas à faire tomber les têtes, qu’elles soient celles de ministres en poste, de hauts fonctionnaires ou de chefs d’entreprise« , poursuit RFI sur son siteUne lutte qui se doit d’être quotidienne, comme le prouve un rapport publié par la Commission européenne la semaine dernière, sur le projet de décret du gouvernement roumain, indiquant que ce dernier « inverserait une décennie d’efforts en matière de lutte contre la corruption » [DW].

L’Union européenne a souligné les efforts des magistrats pour sanctionner la corruption, mais note cependant la tendance du Parlement roumain à vouloir affaiblir les lois anti-corruption, explique Ouest France. Le Premier ministre, Sorin Grindeanu, a répondu fermement à ces contestations : J’essaie de calmer les choses. Je veux mettre en œuvre le programme de gouvernement », a-t-il déclaré.

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